Exposition Lee Bae – 60ème Biennale internationale d’Art
Venise, Italie
Fondation d'Entreprise Wilmotte
Fondation Hansol-Musée SAN
Valentina Buzzi
Galerie Johyun
Fabriano. La Bella Carta dal 1264
20 avril - 24 novembre 2024
60ème Biennale de Venise, galerie de la Fondation Wilmotte
En 2024, dans le parcours officiel de la 60ème Biennale de Venise, la Fondation d’entreprise Wilmotte, en partenariat avec la Fondation Hansol–Musée SAN et la Galerie Johyun, a présenté une exposition du célèbre artiste coréen Lee Bae, connu pour son utilisation du charbon de bois comme moyen d’expression.
Dans cette exposition, Lee Bae rend notamment hommage à un rituel centenaire connu sous le nom de « Maison de la lune brûlée ». À Cheongdo, ville natale de l’artiste, des messages exprimant les vœux de nouvelle année sont transcrits sur du papier traditionnel coréen et brûlés lors d’une grande cérémonie la nuit de la première pleine lune de l’année.
Lee Bae a récupéré les résidus de la combustion des messages pour les intégrer à ses œuvres. Il entrelace avec poésie l’histoire et le folklore de son pays à l’art contemporain, afin de réenvisager la connexion profonde unissant les humains à la nature.
Brushstroke. Sol et murs ont été recouverts de papier blanc, marouflé selon une technique ancestrale par des artisans coréens. La galerie devient ainsi le support des œuvres qui parcourent l’espace – les Brushstroke –, exécutées avec une peinture au charbon composée des résidus de la « Maison de la lune brûlée ». L’artiste a utilisé une brosse de 80 centimètres de large en un mouvement continu, sans relâcher le pinceau.
Meok. Point focal pour la méditation et la réflexion, une sculpture géante – Meok – se dresse dans l’espace : monolithe sculpté dans du granit noir du Zimbabwe, elle mesure 4,60 mètres de haut et évoque le bâton d’encre traditionnel, utilisé dans les cercles universitaires et culturels coréens comme moyen de transmission du savoir entre les générations. Fabriquée dans les ateliers de Carrare, en Italie, cette œuvre monumentale a été réalisée avec des plaques de granit collées sur des panneaux nid-d’abeilles afin d’alléger son poids : massive, elle aurait été intransportable à Venise. Ses surfaces gravées évoquent les vagues de la mer vénitienne tout autant que les flammes vacillantes de la « Maison de la lune brûlée ».
Nous nous sommes rencontrés avec Lee Bae en 1999. Une belle complicité est née. Nous avons fait ensemble une exposition très remarquée dans la fondation Fernet Branca. Lee Bae est avant tout un poète. Sa poésie, il l’exprime à travers différents médiums mais toujours avec sensibilité, finesse et subtilité.
Jean-Michel Wilmotte